Mercredi 21 mars, rencontre des Amis du Vietnam avec le photographe,

Hoang Nhiem à la FNAC de Bruxelles

 

Madame Nguyen Phuong, Ministre-Conseiller de l'Ambassade de la R.S. du Vietnam, Madame Nguyen Thi Xuan Phuong, directrice de l'Association pour la promotion de l'art vietnamien et de la Galerie Lotus, Monsieur Hoang Nhiem avec Dominique Lampe (webmaster) et Eric Nachtergaele.

 

A voir à Bruxelles,

du 17 mars au 28 avril 2007

à la FNAC CITY 2

l'exposition du photographe Hoang Nhiem

rue Neuve

1000 Bruxelles

www.fnac.be

 

Hoang Nhiem a fait de sa passion, la photographie, sa profession. Il nous emmène vers les montagnes du Nord du Vietnam de Sapa jusqu'au sud du Vietnam.

Ses photographie dévoilent un Vietnam magique et emprunt de Mystère. Un vrai voyage haut en couleurs!

 

A voir aussi au Vietnam,

à la Galerie Lotus

47/202 rue Dong Khoi, 1 arr

43 rue Dong Khoi, 1 arr

30, rue Le Loi, 1 arr

Ho Chi Minh ville - Vietnam

www.lotusgallery.com

 

 

Interview:


C'était une conversation avec Nhiem dans un petit restaurant à Sapa, une région montagneuse du Nord Vietnam, à 2500 km de Saigon. Une brume légère, laiteuse traversait notre petite table, faisant trembloter la lumière vacillante de la lampe à pétrole suspendue au plafond. La traversée presque irréelle des nuages qui ondulaient dans la salle donnaient à Sapa une ambiance féerique. Pourtant, dans le même pays, à 2700km de là, au Sud Vietnam, la température se stabilisait à 30° étouffant.
Sapa, altitude 1650 m.


Xuan Phuong ( XP): Après dix années de parcours dans tout le pays à la "chasse des images", que pensez-vous de votre changement de métier ?
Hoang Nhiem (HN): Dans les premières années, ce n’était pas du tout facile. Avec ma formation d'ingénieur de télécommunications marine en 1985, j’ai eu l'occasion de parcourir le monde et inconsciemment, la beauté de la Nature s'imprégnait profondément dans moi... La mer m’attirait mais les appels de la Terre étaient encore plus lancinants. Ne voulant quand même pas abandonner mon métier d'ingénieur, j'ai demande à travailler sur terre, dans le bureau de la Marine à Ho Chi Minh - ville. Ma demande était rejetée. Alors à 35 ans, j'ai abandonné mon poste et j'étais devenu photographe amateur. Ce refus de la Marine a changé ma vie. Avec quelques amis, je commençais à parcourir le Vietnam en tant que photographe amateur. De 1993 à 1995, malgré la qualité encore incertaine de mes photos, je gardais intact ma passion pour capter la beauté de la Nature sur place. Après deux ans de "ballade photographique", l'argent économisé commençait à fondre et je pensais sérieusement à devenir photographe professionnel... Tout d'abord, je voulais ouvrir un Studio de photos chez moi. Mais je me suis rendu compte très vite que pour moi, rester toujours sur place sera impossible. C'est l'appel des routes, des voyages qui m'attiraient... Mon programme d'étude pour devenir photographe professionnel était assez chargé: il fallait se plonger dans les manuels techniques pour être à jour sur les progrès de la photographie, il fallait investir pour les voyages, et posséder des connaissances approfondies sur les régions visitées, des investissements indispensables pour les caméras et accessoires.
Comme je vous ai dis, ce n'était pas facile pour moi de réaliser ces rêves. Heureusement, ma femme - docteur obstétrique - me comprend bien et avec sa salle de consultation privée, c'est elle qui m'a beaucoup soutenu pour protéger le bonheur familial, élever mes deux fils. Et supporter un mari qui était constamment absent...


XP : Quel est votre premier appareil photographique ?
HN : En 1995, c'était un Pronica 6x6 avec film. Aujourd'hui je m'en sers encore de temps en temps pour photographier avec beaucoup de plaisir. Puis, c'est un Mamiya format 6x7 en 2001. Et à partir de 2004, j'ai mon Nikon D2X (caméra digital).


XP : Le premier échec inoubliable ?
HN : J'ai heurte aux premiers échecs dans les trois premières années de métier. 80% de mes photos prises de 1995 à 1998 ne me plaisaient pas. A la suite, j'ai tire une conclusion: entre la beauté d'un paysage capté par l'oeil humain et cette beauté reflétée dans l'appareil photo, il y a une grande distance. Si je suivais une école de formation photographique professionnelle, je pouvais savoir comment y remédier rapidement. Mais comme photographe autodidacte, c'étaient des années de tâtonnement, d'études techniques nuits et jours et une très grande patience pour pouvoir rendre "l'oeil du caméra" aussi sensible que ma vision artistique...


XP : Le ou (les) premier(s) succès ?
HN : À partir de 1999, les premières commandes de quelques importantes sociétés de Publicité et des grands journaux de Ho Chi Minh - ville m'ont donné beaucoup de confiance en moi-même, surtout ce seront ces mêmes organisations qui continuent à commander mes oeuvres jusqu' aujourd'hui. Originaire de Saigon, je ne connaissais pas encore les montagnes du Nord Vietnam. Décembre 1994 datait mon premier voyage à Sapa. Immédiatement, ces paysages magiques avec les mers de nuages qui changent de couleurs à tout moment, avec toute cette beauté majestueuse et ensorcelante m’ont profondément ému. Je continue à photographier Sapa depuis plus de 10 ans avec 38 visites et chaque voyage à Sapa me donnait la même impression de bonheur, d'excitation indescriptible... De Saigon à Sapa, c'est plus de 2500 km de distance. Je m'y rendais par tous les moyens : par train, par moto, j'ai laisse même une moto Honda 70cc a Sapa pour pouvoir escalader ces versants de montagne abruptes... Tous ces moyens et une tenace patience, beaucoup d'endurance aussi pour pouvoir avoir comme "trésor personnel" plus de 1000 photos sur cette reg ion... En 2003, Sapa fêtait son 300eme anniversaire. J'ai décide de faire une exposition sur Sapa a Hanoi et a Ho Chi Minh - ville et de réaliser un album sur les images de Sapa pour commémorer cette importante date. Le grand intérêt que
le public de Hanoi et de Saigon portait à mes expositions et mes livres m'a énormément encourage. "Mais", dans la vie, il y a toujours un... "Mais"... Après ces événements artistiques, on m'a colle un surnom " Nhiem Sapa". Je ne me sens pas à l'aise. J’ai parcouru plusieurs fois du Nord jusqu'au Sud Vietnam avec dans ma collection plus de 5.000 photos. .J'ai vécu des moments exaltants entre le Delta du Fleuve Rouge du Nord jusqu'a la Plaine des Joncs du Sud, des forets séculaires dans les Haut Plateaux jusqu'aux paysages poétiques de l'ancienne ville royale de Hue... Donc, en 2006, j'ai décide de faire a Saigon ma seconde exposition personnelle "Panorama du Vietnam". En même temps, je faisais un live show de ma collection de photos dans l'exposition. Le succès de cette exposition a une fois de plus, renforce ma confiance en soi-même.


XP : Les clefs de ces succès ?
HN : Présenter un oeuvre au public, c'est un effort de persuasion pour partager la vibration esthétique de l'auteur à son
interlocuteur. Pour "souffler de l'âme" à l'image, il faudra que l'artiste déploie toute son énergie, sa patience, son endurance, son inspiration dans le travail et une connaissance approfondie sur la technique de la photographie. Avant l'espoir d'émouvoir le public, l'artiste doit lui-même sentir l'âme de son oeuvre. L'émotion artistique par elle-même est très communicative. Ce n'est pas facile de réaliser, mais c'est vital que si nous voulons partager ces moments de bonheur aux autres, nous devons d'abord les ressentir sérieusement dans nous-même.


XP: Des regrets sur l'ancien métier forme dans une Université très renommée ?
HN: Dans les premières années, quelquefois oui. Surtout après quelques échecs. Mais plus les années passent, plus j'ai de confiance dans mon métier de photographe. Et aujourd'hui, c’est un grand bonheur pour moi de faire ce choix. Imaginez-vous, ce n'est facile de changer de métier à 35 ans, quand même...


XP : Merci de cette conversation.


Sapa continuais a nous environner dans sa magique voile bleuâtre de nuages. Deux grands bols de soupe bien chaude nous attendaient et au-dessus de nos têtes, la douce lumière ambrée de la lampe à pétrole continuait à se balancer tout doucement...

Xuan Phuong


Quelques photos de notre rencontre avec le photographe Hoang Nhiem

 

 

 


Ci dessous les liens internet de la galerie et celui qui mène directement aux photos de Hoang the Nhiem: